Pour un socialisme écologique" contribution générale du pôle écologique en vue du Congrès de Reims
Un congrès est souvent qualifié d’historique, parfois avant même d’être tenu. Celui de Reims le sera à coup sûr, non en fonction d’ambitions individuelles multiples et évidemment respectables, mais pour une raison simple : le monde et nos sociétés ont à faire face à une crise de nature nouvelle, sans précédent, qui nécessite pour notre Parti une transformation profonde de ses modes de pensée et de raisonnement.
Notre Parti s’est depuis un siècle construit à partir de la question sociale. Celle-ci est plus que jamais présente aujourd’hui. Les prix prennent l’ascenseur alors que les salaires suivent l’escalier. La précarité et le chômage laissent nombre de nos concitoyens au bord de la route. Les atteintes à l’école et aux services publics se multiplient. Il est impossible pour beaucoup de choisir la façon dont ils veulent vivre.
Mais ce qui est nouveau, et encore insuffisamment pris compte, réside dans l’éclatement simultané d’une crise structurelle majeure, celle de l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables, avec quatre composantes toutes aussi fortes et durables, écologique, climatique, énergétique et alimentaire.
Notre monde connaît à nouveau les émeutes de la faim. Il voit se multiplier les catastrophes climatiques, qui créent une nouvelle catégorie de réfugiés. Le fondement de son économie depuis plusieurs décennies, le pétrole, est en voie d’épuisement. L’imprévoyance de son système politique et économique menace la survie même de l’espèce humaine.
Cette situation bouleverse la donne, de manière d'autant plus spectaculaire qu'elle succède à une période de bas prix de l'énergie et de surproduction agricole. La perception de la gravité de la situation en a été jusqu’à présent faussée.
Nos sociétés ont vécu depuis les révolutions industrielles sur le schéma d’une utilisation croissante, sans retenue et très bon marché des ressources naturelles de la planète. Ce schéma est aujourd’hui obsolète.
Cette rupture est porteuse de changements profonds de l’organisation de nos vies et du fonctionnement du système économique. Les caractéristiques actuelles de la mondialisation vont inévitablement évoluer fortement, de même que les méthodes et les priorités dans la lutte contre les inégalités. Si rien n’est fait, c’est la démocratie elle-même qui serait fragilisée et menacée. L’Histoire nous enseigne que la raréfaction des ressources entraîne violences et guerres civiles et internationales, auxquelles les valeurs fondatrices de la démocratie ne résistent pas.
Notre responsabilité est immense. Porteurs des valeurs de progrès social, de régulation publique, d’épanouissement de la citoyenneté, d’émancipation humaine, les socialistes ont le devoir d’aborder frontalement la nouvelle donne qui voit se conjuguer la crise sociale et la crise écologique, plutôt que de se complaire dans des débats du passé.
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Un an après l’élection présidentielle, le masque est tombé. Pour ceux qui ont pu se laisser prendre un temps par le discours de bonimenteur du candidat Sarkozy, l’espérance a disparu. Mais cet espoir ne s’est pas reporté sur les socialistes. Nous restons peu entendus et peu compris, incapables d’incarner une véritable alternative au niveau national. Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. La plupart des social-démocraties européennes sont aujourd’hui en situation de doute et d’incertitude. Les modes d’intervention traditionnels de la gauche sont à repenser : la redistribution ne corrige plus les inégalités, la protection sociale et les services publics sont remis en cause.
En lançant le Grenelle de l’environnement, le Président Sarkozy a entretenu un temps l’illusion qu’il allait, lui, s’occuper de la « maison qui brûle ». Un an après, force est de constater que le passage à l’acte est toujours différé. Le sarkozysme, de toute évidence, n’est pas écologique.
Ce n’est pas seulement dû à l’absence de moyens, abondamment mise en évidence, à commencer par nos parlementaires, mais, aussi, et profondément à une absence d’éthique. Le développement durable repose sur l’énonciation de valeurs, d’idées auxquelles ont croit indépendamment des circonstances, ayant vocation à déboucher sur une articulation de comportements à la fois individuels et collectifs. Cette dimension morale apparaît clairement si l’on considère que le développement durable « parle » pour trois sujets auquel la démocratie (quelle que soit sa forme), ou même n’importe quelle expression de la souveraineté, ne donne pas de parole publique et ne confère aucun droit : la planète en tant que système écologique où s’épanouissent la vie, l’humanité présente et l’humanité future.
Ces trois sujets sont au cœur de la définition même du développement durable, c’est-à-dire « du mode de développement qui ne compromet pas le droit des générations futures de répondre à leurs propres besoins », selon la définition classique du rapport Brundtland.
Ces trois sujets et l’éthique qu’ils appellent sont totalement absents du projet sarkozyste. Ceci permet de comprendre pourquoi le passage à l’acte ne s’opère pas : sans éthique, il n’est en effet pas possible à ce gouvernement de choisir entre les différents intérêts qui s’expriment. L’absence de fondement éthique un tant soit peu solide dans les suites du Grenelle se lit dans l’absence de choix qui le caractérise.
Le discours de Nicolas Sarkozy sur le Grenelle est vide de politique par excès de consensualisme, et se condamne ce faisant à l’inefficacité. On peut en prendre la mesure à travers un bref aperçu de l’absence de choix du gouvernement :
· les agriculteurs sont à peine contraints de procéder à la réduction de leurs épandages de pesticides (« si possible», comme il a été dit) mais voient confirmer l’engagement français en faveur des agro carburants dont on sait qu’ils causent plus de dommages qu’ils n’en évitent.
· les constructeurs – et les utilisateurs – de voitures s’en tiennent à un objectif de rejet de 130 g de dioxyde de carbone par kilomètre qui correspond déjà aux normes des véhicules en cours de développement, et bénéficient d’une perspective aff(ri)olante à travers les primes à la substitution.
· surtout, le secteur énergétique, dont on aurait pu croire qu’il serait appelé à un effort spécifique, est par construction épargné puisque l’objectif éminemment politique d’un découplage entre croissance et énergie est resté informulé.
Ne rien choisir, c’est renoncer à faire de la politique, ou choisir de faire celle des groupes d’intérêt dont la préoccupation n’est évidemment pas de prendre en compte les trois sujet évoqués plus haut.
En opposition au sarkozysme, notre objectif, aujourd’hui est de clarifier, sur la base d’une ligne politique cohérente, le sens que nous voulons donner à notre action. Nous devons être capable de formuler des propositions alternatives, réalisables et cohérentes, adaptées à la fois aux préoccupations de nos concitoyens et à la situation du monde et de notre pays.
Il y a une véritable attente de délibération collective et de refonte d’un projet crédible chez les militants comme chez les Français. La revitalisation démocratique du parti, à partir de vrais débats argumentés, est une urgence. Ce doit être la première priorité de notre congrès : remettre le Parti au travail afin que les trois prochaines années nous préparent à l’alternance.
>> Lire l'intégralité de la contribution générale du pôle écologique du PS :
Téléchargement contribution_pole_cologique_du_ps_v5.pdf
Cette version de la contribution est quasi définitive. Elle est encore susceptible de connaître quelques ajustements et ou corrections avant sa présentation publique prévue Mardi 1er juillet à Paris.
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Pour signer la contribution, il suffit d'envoyer un courriel à contactpoleecologique@gmail.com en mentionnant dans l'objet "je signe la contribution du pôle écologique" et en indiquant dans le corps du message les éléments suivants : prénom+nom, section, fédération, éventuelles responsabilités dans le parti, mandat électif éventuel.







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